Édito

Aux images de personnes entassées dans des bateaux de fortune traver­sant la Méditer­ranée se sont succédées celles du chaos de l’aéroport de Kaboul où hommes, femmes et enfants ont convergé dans l’espoir de fuir le régime des Talibans. Ces images, large­ment diffusées, ont surgi comme une réminis­cence de l’épisode, tout aussi trag­ique, de la fuite de la popu­la­tion de Saïgon jusque sur le toit de l’ambassade des États-Unis en avril 1975. Alors que l’Europe s’inquiète d’un possible afflux de deman­deurs et deman­deuses d’asiles venant d’Afghanistan et que le débat public s’enflamme sur la ferme­ture des fron­tières, l’enjeu de la représen­ta­tion de l’Autre, migrant poten­tiel, demeure.

Face à l’émotion provo­quée par ces images diffusées sans retenue, il est plus que jamais impor­tant de prendre le temps de réfléchir et d’analyser. C’est ce que propose le festival « Images de migra­tions, des films et des chercheurs » en asso­ciant la tempo­ralité du cinéma et le dialogue avec des chercheur.e.s.

Parmi la ving­taine de films proposés dans cette seconde édition, l’Afghanistan tient une place de choix avec deux docu­men­taires réal­isés sur le temps long pour mieux partager la subjec­tivité de l’expérience migra­toire. Cœur de pierre, tout d’abord, suit les pas du jeune Ghorban pendant les huit premières années de son séjour en France. Puis, Midnight trav­eler livre le récit du parcours migra­toire, long de 594 jours, entre­pris par le réal­isa­teur et sa famille entre Kaboul et la Hongrie.

La sélec­tion du festival tient aussi à témoigner de l’universalité du phénomène migra­toire. Brésil, Irlande, Algérie, Togo, Japon, Finlande…, ce sont au total une ving­taine de pays, répartis sur quatre conti­nents, qui offrent une très riche diver­sité de décors et de situ­a­tions à l’action des 20 films proposés.

Enfin, le festival a souhaité donner la parole aux jeunes grâce à une collab­o­ra­tion avec le Master Migra­tions, porté par l’Institut des migra­tions et co-accrédité par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’EHESS. Ainsi, l’équipe organ­isatrice a confié la sélec­tion des courts métrages à un jury composé des étudi­ants de la première promo­tion de ce nouveau Master. Et ils seront présents pour livrer leurs points de vue et discuter avec le public !

Nous vous souhaitons de belles rencon­tres avec les chercheur.e.s de l’Institut autour de films passion­nants, forts, divers !

François Héran, directeur de l’Institut Conver­gences Migrations, 
et Jean-Barthélemi Debost, respon­s­able de la médi­a­tion scientifique