Rencontres Presse/​Recherche

L’Institut Conver­gences Migra­tions propose plusieurs fois par an des rencon­tres Presse/​Recherche entre ses 400 fellows (chercheurs asso­ciés) et les jour­nal­istes qui le souhaitent. Le but : décou­vrir une nouvelle façon d’aborder un sujet très médi­atisé — voire polémique — sur les migra­tions, les ques­tions que se posent les chercheurs aujour­d’hui ainsi que les « acteurs » qu’ils suivent et les histoires qu’ils croisent.

Si vous êtes jour­nal­iste et souhaitez recevoir nos invi­ta­tions aux prochaines rencon­tres Presse/​Recherche, vous pouvez vous inscrire en envoyant un email à catherine.guilyardi@icmigrations.fr.

Catherine Guilyardi, journaliste, rédactrice en chef de De facto, la revue mensuelle de l’Institut Convergences Migrations.

La propo­si­tion faite aux médias par l’Institut Conver­gences Migra­tions part du constat d’un déficit de connais­sances scien­tifiques sur le phénomène des migra­tions dans le public et du fossé entre la déci­sion poli­tique et l’état de l’art dans ce domaine de recherche. L’urgence pour le chercheur à participer au débat public — et à être audible — se fait d’autant plus sentir que la déci­sion poli­tique semble émaner moins de l’expertise scien­tifique que de la couver­ture médi­a­tique de contro­verses sociales.

Le besoin de réponses simples — au risque d’être simplistes — sur les migra­tions, tel que l’expriment la presse et le public, rend diffi­cile la publi­ca­tion des sciences, avec le vocab­u­laire et la prudence du chercheur. La dérégu­la­tion du marché de l’information, l’importance prise par l’information numérique et la raré­fac­tion des jour­nal­istes spécial­isés rend néces­saire la coopéra­tion entre chercheurs et médias, égale­ment produc­teurs de contenus sur la société, pour la diffu­sion d’une meilleure connais­sance des résul­tats scien­tifiques sur les migrations.

Le fact-checking ne suffit pas, il faut travailler sur les imaginaires collectifs

Comment le chercheur peut-il contribuer à un débat public apaisé, basé sur des faits plutôt que sur des croy­ances et perme­ttre une gestion dépas­sionnée des migra­tions ? Il ne s’agit pas seule­ment de rétablir les faits, de les vulgariser ou de les assener, mais de prendre en compte « le terreau historique des imag­i­naires collec­tifs », pour reprendre l’expression de la soci­o­logue Virginie Tournay qui s’interroge ici sur les obsta­cles à une commu­ni­ca­tion scien­tifique effi­cace. La recherche n’échappe pas à la crise de confi­ance du public vis-à-vis des insti­tu­tions. Le fact-checking ne fait pas le poids face aux croy­ances qui favorisent le cherry-picking.

Pour agir en amont — et non plus seule­ment réagir face aux infox ou faux experts, la recherche doit mettre en place un dialogue nourri avec l’ensemble des acteurs qui travail­lent à la trans­mis­sion des savoirs sur les migra­tions. Les médias en sont un acteur majeur. L’Institut Conver­gences Migra­tions (ICM) propose donc plusieurs fois par an des rencon­tres Presse-Recherche entre ses 400 fellows (chercheurs asso­ciés) et les jour­nal­istes qui le souhaitent.

Le but : décou­vrir une nouvelle façon d’aborder un sujet très médi­atisé — voire polémique — sur les migra­tions, les ques­tions que se posent les chercheurs aujour­d’hui ainsi que les ‘acteurs’ qu’ils suivent et les histoires qu’ils croisent. Deux rendez-vous ont déjà été organ­isés en 2019.

Plusieurs rencontres organisées chaque année entre journalistes et chercheurs

La 1ère rencontre, le 8 avril 2019, abor­dait la ques­tion de la place des sciences sociales sur l’islam et les Musul­mans dans un débat public saturé par les raccourcis, la polar­i­sa­tion et une islam­o­phobie de plus en plus explicite. Sollicité par plusieurs de ses fellows du réseau « Islams et chercheurs dans la cité » et la commu­nauté de doctor­ants du Menasc, l’Institut Conver­gences Migra­tions s’est associé à l’IISMM (EHESS) pour organ­iser une rencontre entre une quar­an­taine de jour­nal­istes spécial­isés et chercheurs sur l’islam. Tous ont conclu à la néces­sité d’une collab­o­ra­tion étroite et exigeante pour sortir d’un traite­ment médi­a­tique trop souvent anxiogène et cari­cat­ural. Juli­ette Galon­nier, soci­o­logue et fellow de l’ICM, en fait (ici) le compte-rendu dans le De facto #6 consacré à la recherche sur la société française et la construc­tion du « prob­lème musulman ».

La 2e rencontre s’est tenue début juin à l’occasion de la première journée scien­tifique de l’Institut Conver­gences Migra­tions « Santé et immi­gra­tion en France et en Europe ». La recherche sur la santé des popu­la­tions immi­grées a connu une accéléra­tion avec la crise de l’accueil qui secoue l’Eu­rope depuis 2015. Deux épidémi­ol­o­gistes ont présenté leur travail sur la santé mentale des immigré.e.s et exilé.e.s aux jour­nal­istes invités à la Faculté Saint Antoine, le 6 juin 2019. Andrea Tortelli, égale­ment psychi­atre au pôle Psychi­a­trie Précarité Paris et Maria Melchior de l’INSERM, direc­trice du départe­ment HEALTH de l’ICM, ont répondu aux ques­tions sur la diffi­cile prise en charge des patients étrangers en situ­a­tion de précarité. Pour suivre cette actu­alité, le De facto #8 est consacré à la santé mentale des immigré.e.s qui se détériore parti­c­ulière­ment après leur arrivée.

Si vous êtes jour­nal­iste et souhaitez recevoir nos invi­ta­tions aux prochaines rencon­tres Presse/​Recherche, vous pouvez vous inscrire sur catherine.guilyardi@icmigrations.fr