De facto n°8 | Juin 2019

La santé mentale des immigré.e.s se détériore après leur arrivée

Les recherches récentes mettent en évidence le poids des inégal­ités sociales, de l’exil et des diffi­cultés d’accueil sur la santé des immigré.e.s. Alors que l’Institut Conver­gences Migra­tions (ICM) présen­tait sa première journée scien­tifique « Santé et Immi­gra­tion », le 12 juin, De facto s’intéresse ce mois-ci à la santé mentale des immigré.e.s. qui se détériore parti­c­ulière­ment après leur arrivée. Ce thème a égale­ment été l’occasion de la 2e Rencontre Presse-Recherche de l’ICM qui réunis­sait jour­nal­istes et chercheurs le 6 juin à la faculté Saint-Antoine (Paris).

Dans ce numéro de De facto, Marie-Caro­line Saglio-Yatz­imirsky, anthro­po­logue et psycho­logue clin­i­ci­enne, présente les condi­tions néces­saires au surgisse­ment de la parole des exilés confrontés à des violences extrêmes. Andrea Tortelli, épidémi­ol­o­giste et psychi­atre, constate que la majorité des trou­bles psychi­a­triques sont liés aux condi­tions de vie dans le pays d’accueil. La démo­graphe Julie Pannetier, qui a participé à l’étude Parcours sur les immigré.e.s d’Afrique subsa­hari­enne atteints par le VIH ou l’hépatite B, montre que la maladie n’est pas la première cause d’anxiété et de dépres­sion mais le diffi­cile accès aux droits. La migra­tion a égale­ment des réper­cus­sions psychologiques sur plusieurs généra­tions, selon Maria Melchior, épidémi­ol­o­giste et direc­trice du départe­ment HEALTH de l’ICM. Elle nous présente les premiers résul­tats de l’étude ELFE qui suit 18 000 mères et leurs enfants nés en France en 2011. Le thème du mois se décline aussi dans la rubrique « En Images » avec une discus­sion sur les Sept œuvres de miséri­corde du Caravage entre Giovanni Careri, histo­rien et théoricien de l’art, et Francesco Zucconi, spécial­iste du cinéma et de la culture visuelle. Une sélec­tion d’articles sur la santé des immigré.e.s est égale­ment proposée dans la revue de presse mensuelle.

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