PUBLI : Stéphane Beaud, Gérard Noiriel, Race et sciences sociales, Agone, 2020, 448p.

Présentation

Pour les marx­istes, les ouvriers qui manquaient de « conscience de classe » étaient aliénés, victimes de l’idéologie domi­nante. Grâce aux intel­lectuels qui dispo­saient de la bonne théorie révo­lu­tion­naire, ils retrou­veraient leur véri­table iden­tité. À l’opposé, Bour­dieu défend l’idée que c’est en respec­tant l’autonomie de la science que le soci­o­logue peut échapper aux travers de l’intellectuel engagé et la soci­ologie jouer un rôle utile dans la cité. Car produire des connais­sances sur les acteurs du monde social, ce n’est pas parler à leur place, ni leur dire comment se comporter. Là où règnent les injus­tices, les inégal­ités et les discrim­i­na­tions, c’est avant tout à mettre en lumière ces vérités que la science sociale doit s’attacher.

La « ques­tion raciale » occupe désor­mais la place publique. Les auteurs de ce livre ont voulu sortir de l’agenda médi­a­tique et poli­tique et mettre le débat sur le terrain de l’autonomie des sciences sociales. Ils revi­en­nent sur l’histoire des enjeux poli­tiques et savants qui se sont noués au xixe siècle autour de la notion de race, pour éclairer les débats actuels et les inscrire dans la conti­nuité de la science sociale telle que la conce­vaient Durkheim, Weber et Bour­dieu. Pour ne pas s’en tenir à des visions trop générales ou théoriques, ils proposent aussi l’analyse d’un « scan­dale racial » parti­c­ulier, celui des « quotas » dans le football.

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