MANIF : Journée d’étude « Frontières en mutation : vivre et utiliser les transformations territoriales (XIVe-XXIe siècle) » — Jeudi 6 et vendredi 7 juin 2019, MSHE Ledoux, Besançon

Infos pratiques

  • Titre de la mani­fes­ta­tion : Fron­tières en muta­tion : vivre et utiliser les trans­for­ma­tions terri­to­riales (XIV-XXIe siècle)
  • avec la parti­ci­pa­tion d’Yvan Gastaut (Univer­sité de Nice, ICM Integer) et Fran­cesco Saggio­rato (Univer­sité de Rome, ICM Global)
  • Dates : 6 et 7 juin 2019
  • Lieu : salle de confé­rences, MSHE Ledoux de Besançon
  • orga­ni­sa­tion : MSHE Ledoux avec le soutien du Centre Lucien Febvre

Présentation

Cette journée d’étude s’inscrit dans la conti­nuité d’un projet de recherche consacré, depuis 2015, au chan­ge­ment de nature des déli­mi­ta­tions terri­to­riales et à leurs effets sur l’organisation des sociétés en Europe (XIVe-XXIe siècle)1. Une première phase en voie de fina­li­sa­tion avec la paru­tion en 2019 d’un ouvrage a permis de réunir un collectif de cher­cheurs en histoire, géogra­phie, socio­logie et science poli­tique pour comparer les effets induits par les évolu­tions de deux déli­mi­ta­tions terri­to­riales conti­guës qui épousent des trajec­toires oppo­sées : celle entre Bour­gogne et Franche-Comté qui dispa­raît progres­si­ve­ment ; celle entre France et Suisse où s’affirme l’une des dernières fron­tières entre la France et un Etat non adhé­rent de l’Union euro­péenne. Cette première phase s’est tout d’abord carac­té­risée sur le plan métho­do­lo­gique par une réflexion inter­dis­ci­pli­naire à partir d’une grille d’analyse co-construite en vue d’établir un lexique partagé et de mettre en commun diverses données. La démarche compa­ra­tive et diachro­nique mise en oeuvre visait à déter­miner ce qui distingue une fron­tière stricto sensu, c’est-à-dire la limite terri­to­riale entre deux souve­rai­netés étatiques, des déli­mi­ta­tions terri­to­riales d’autres natures, en parti­cu­lier admi­nis­tra­tives et socio-cultu­relles. Grâce à cette compa­raison, il nous a été possible de déter­miner les effets induits par les chan­ge­ments de nature des déli­mi­ta­tions sur les compor­te­ments des acteurs et leurs senti­ments d’appartenance.

Une seconde phase entamée en septembre 2018 a voca­tion à élargir ce ques­tion­ne­ment à l’échelle euro­péenne. La présente journée d’étude a pour objectif de ques­tionner les pério­di­sa­tions géopo­li­tiques conven­tion­nelles (des Empires médié­vaux aux Etats modernes, puis aux Etats-Nations remis en cause à l’ère de la globa­li­sa­tion) 2 pour inter­roger leur perti­nence dès lors que l’on décentre le regard. En effet, ces décou­pages se fondent d’abord sur une concep­tion stato­cen­trée des évolu­tions histo­riques qui présentent des discor­dances avec le vécu et les repré­sen­ta­tions collec­tives des popu­la­tions fron­ta­lières au coeur de notre ques­tion­ne­ment. Cette théma­tique invite à dépasser les segmen­ta­tions qui séparent, notam­ment, les spécia­listes des périodes médié­vales et modernes, de ceux des périodes contem­po­raines. Notre hypo­thèse, fondée sur nos échanges précé­dents, est que, bien quere­le­vant de périodes éloi­gnées chro­no­lo­gi­que­ment, les compor­te­ments, les moda­lités d’action et les repré­sen­ta­tions des popu­la­tions fron­ta­lières présentent des simi­li­tudes. Il ne s’agit en aucun cas d’en inférer, suivant une approche struc­tu­ra­liste, des inva­riants fron­ta­liers mais plutôt de déter­miner des contextes et des motifs écono­miques poli­tiques et culturelles
suscep­tibles d’orienter, à diffé­rents moments, les actions et les discours des sociétés (trans)frontalières dans un même sens. La pers­pec­tive diachro­nique invite ainsi à appro­fondir la compa­raison des effets induits par des déli­mi­ta­tions de souve­rai­neté de diffé­rentes natures (étatiques, impé­riales, confé­dé­rales…) et à inter­roger leurs évolu­tions dans la longue durée.

Deux axes théma­tiques struc­tu­re­ront les échanges :
– des états modernes aux états-nations : le vécu fron­ta­lier remet-il en cause l’idée d’une linéa­ri­sa­tion continue des déli­mi­ta­tions étatiques ?
– des construc­tions impé­riales à la mondia­li­sa­tion : les déli­mi­ta­tions supra-étatiques
induisent-elles des effets fron­tières spécifiques ?

Programme

Voir le programme et les résumés des interventions