Entretien de Po&sie « (In ?)hospitalités d’aujourd’hui. Tentatives poético-politiques » — Samedi 18 mai 2019, 16h, Maison de la poésie, Paris

Présentation

« Faire qu’il n’y ait plus personne là où il y a quelqu’un,
c’est le contraire de l’hospitalité, c’est l’inhospitalité.
Or l’inhospitalité devient hosti­lité ou haine 
Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, 
La fin de l’hospitalité – L’Europe, terre d’asile (Flam­ma­rion)

« Hospi­ta­lité » ? Des tradi­tions multiples nous sont léguées par des poèmes (à commencer, évidem­ment, par  L’Odyssée).
Aujourd’hui, ce mot ne peut être entendu que comme nous mettant face aux violences mondiales dont des nouvelles ou des effets nous parviennent à tout moment sans que nous soyons à même d’en tirer de réelles conséquences.

La poésie concrétise.
Il arrive que par la poésie (et dans sa faiblesse même), celles et ceux qui sont rejetés s’efforcent de réaliser, pour eux-mêmes aussi bien que pour les autres, leurs inte­nables situa­tions d’exilés sans accueil.

Et c’est par des poèmes encore que parfois se cherchent, mot à mot, pas à pas, des manières de vivre « avec » qui ne cessent pas d’avoir une puis­sance de soulè­ve­ment face à des forces qui (dans de multiples endroits du monde) tendent (en proie à de sombres héri­tages, et par déci­sions concer­tées ou par aveu­gle­ment) à créer ou entre­tenir, pour les plus exposés, de l’invivable.

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« On se débar­rasse de ces êtres humains. Est-ce que quelqu’un a une objec­tion ? Non. Des murs tout autour et c’est réglé. Quand on ne voit plus quelqu’un, il n’y a plus personne. » Ainsi nous inter­roge Elfriede Jelinek dans un texte traduit dans Po&sie Europe 160–161.

Sans prémé­di­ta­tion, selon l’évidente néces­sité de son rapport aux temps présents, Po&sie  a de nombreuses fois publié des textes ayant trait à des situa­tions de « sans » : sans papiers, sans droits, sans place. C’est ce qui se pour­suivra évide­ment dans des numéros à venir.

Programme

La rencontre Po&sie du 18 mai à la Maison de la Poésie de Paris sera donc consa­crée, selon la formule de Michel Agier, à ce que pour­rait être une « poétique de l’hospitalité ».

Elle sera intro­duite par Michel Deguy, qui lira un texte envoyé par Jean-Luc Nancy.

Michel Agier (auteur, entre autres, de  L’étranger qui vient /​repenser l’hospitalité, Seuil 2018) présen­tera et lira trois poèmes du souda­nais Hassan Yacine qu’il a publiés et intro­duits dans la revue Tumultes.

Cathe­rine Coquio présen­tera et lira des textes de Yousif A. Haliem qu’elle a intro­duits et publiés dans le n° Afriques 2 de Po&sie.

On entendra l’auteur came­rou­nais Theom­bogü – publié dans les deux n° Afriques de Po&sie.

On entendra un passage de Comment on expulse, Respon­sa­bi­lités en miettes (éd. du croquant) de Marie Cosnay

Seront lus, par leurs auteurs ou par des amis présents, des textes publiés dans divers numéros de Po&sie :

Martin Rueff  lira un passage de « L’amer fait peau neuve » (1 : « 62) et, de De Signo­ribus, un passage de son texte sur Lampe­dusa (Po&sie 145–146) ainsi que « Marges pour les amis fran­çais » (Po&sie 152)

Gisèle Berkman lira un passage du texte de Jelinek paru dans Po&sie Europe 160–161.

De Michel Naepels, on entendra : « Isba » (Po&sie 163), « Dans l’intimité de la douleur.. » (Po&sie 165–166).

De Thomas Cantens, on entendra des poèmes publiés dans Po&sie 163.

De Daniel de Roulet :« Mode d’emploi pour une migra­tion incer­taine » (Po&sie 165–166) et « Terminal terrestre » (Po&sie 155)

D’Alexis Nouss (Po&sie 162) :« Europe, nulle part… ».

De Claude Mouchard, un texte ayant trait à un jeune réfugié Guinéen : Paroles Thierno.

« Ailleurs nest pas ici : ce camp quil y a sous le ciel » : des photos prises au camp de Lesbos par Ahmad Ebra­himi seront proje­tées et présen­tées par Amélie Perrot et Adrien Chevrier.